L’Autre Désert

 

Une vidéo achevée récemment: L’Autre Désert (une initiation)

Et l’extrait d’un courrier électronique de Bernard Aspe, que je remercie, une fois de plus, pour son regard:

Connais-tu le film de Stanley Brakhage, “Black ice”, qu’il a fabriqué (c’est un film peint à la main) juste après avoir fait une chute sur un lac gelé, qui lui avait fait perdre connaissance ? Ton film l’évoque parce qu’il part du noir, comme le sien. Peu à peu, dans le sien, des couleurs apparaissent, et finissent (si je me souviens bien) par gagner contre le noir.

Dans le tien, c’est différent : il y a un autre désert dans le désert, et du sauvage dans les images artificielles. Il s’agit de donner une image de ce qui apparaît au sein même de ce qui a pour vocation de faire disparaître sous le tout-voir. Ce qui n’apparaît plus sans avoir disparu va sans doute dans l’inconscient. Mais l’inconscient, c’est, comme le voulait Schelling, un point de passage avec l’univers. D’où que puisse s’y rejouer l’origine des temps, la nuit des temps. De cette nuit naissent d’abord des éclairs. Leur fonction semble bien tout d’abord de révéler la nuit en tant que telle, c’est-à-dire en tant qu’elle est ce d’où peut jaillir la pure lumière. En tant qu’elle est aussi, peut-être, ce désert inscrit au coeur des images qui se veulent trop pleines.

Mais ce n’est pas seulement au sein des images dominantes qu’il faut faire sourdre la nuit, et ses éclairs de lumière. C’est aussi en nous-mêmes – puisqu’il s’agit bien d’inconscient. Pour trouver le dehors en soi, il faut ralentir. Ralentir, ça veut sans doute dire : ne pas suivre le temps des horloges ; ça veut donc dire s’accorder un temps propre, comme le fait peut-être cet homme qui semble comparer ce que dit sa montre à ce qu’indique une grande horloge (cf. Sebald et la gare d’Anvers). Pour trouver un temps propre, il faut passer par la nuit qu’il y a en nous. Celle qui ne va pas vers la mort, c’est-à-dire vers notre clôture d’être individué, comme dit Simondon (le seul individu véritable, c’est le mort). Mais vers ce qu’il y a en nous de plus proche que nous-mêmes (c’est bien *** sur la balançoire, à la fin ?).”

Posted in Art.

One thought on “L’Autre Désert

  1. certainement ce que tu appelles Dehors, je l’appelle Ailleurs…
    on y va et on en revient constamment…
    merci d’en donner quelque chose à percevoir…

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